Fiche spécifique « Tarier des prés (Saxicola rubetra) »


Distribution dans l’Euregio Ardenne-Eifel-Oesling

L’aire de distribution du Tarier recouvre essentiellement la Haute Ardenne orientale, le nord et le centre de l’Eifel, le nord de l’Oesling.

Distribution et habitat sur le plateau des Hautes-Fagnes

L’espèce est confinée aux marges du plateau, dans la vallée de la Petite Rur (5 carrés occupés en période de reproduction).  En migration de printemps, elle a été notée dans 6 autres carrés répartis, pour l’essentiel, en fagne des Deux-Séries.

Le Tarier se cantonne surtout dans des parcelles fangeuses, à végétation herbacée haute et serrée, comme les cariçaies, les jonchaies, les prairies humides à Canche cespiteuse et à Renouée bistorte.  Il s’installe aussi dans des prés abandonnés colonisés par les joncs et les cirses qui lui offrent ainsi, en plus des piquets de clôtures, de nombreux perchoirs.  Enfin, il peut s’accommoder des très jeunes plantations d’épicéas ponctuées de vieux troncs (7).

Importance et évolution des effectifs

Au début du XXe siècle, le Roi12 signalait déjà la présence du Tarier en périphérie du Haut-Plateau, dans la région de Montjoie et de Malmedy.  Plus tard, Neubaur (17)  la confirmait, en période de reproduction, près de Sourbrodt, Mützenich, Elsenborn et Kalterherberg.  A la fin des années soixante, Fontaine7 estimait à une vingtaine de couples la population de la Petite Rur et du Kobelsbach voisin.  En dépit de certaines fluctuations, cette petite population semblait se maintenir dans les années 1970-1980, mais à un niveau plus bas : 13 sites sont occupés en 1977, environ 14 en 1978, 7 en 1983, 15 en 1987 (1).  Toutefois, en dehors de la zone d’étude, il n’en allait apparemment pas de même dans les autres vallées de la région : les Tariers semblaient se raréfier dans celle de la Schwalm (une dizaine de couples en 1970 (7); 7 sites en 1986 (1)) et avaient disparu dans celle de la Krokkesbach.  Une nette réduction d’effectifs a aussi été remarquée dans la Rhénanie voisine, notamment dans les années 1960 (16), en Ardenne et dans d’autres régions (11).  Sur les haut-plateaux, tous ces déclins semblent avoir pour cause principale la disparition (enrésinement) et la dégradation (drainage, intensification de l’agriculture) de ses habitats de reproduction (11).  Cette région reste néanmoins importante pour l’espèce : en 1992, par exemple, Schmitz (1 ) dénombrait 50 territoires dans le secteur Robertville-Elsenborn; et en 1998, il en recensait 19 à Sourbrodt, un effectif comparable à celui des années soixante.  La suppression des plantations de résineux dans les fonds de vallée, réalisée dans le cadre d’un programme Interreg, devrait permettre la restauration d’une partie de son habitat et, on peut l’espérer, de ses effectifs.

Déplacements

Migration de printemps : il nous revient entre la mi-mars – très rarement plus tôt – et la fin mai.  D’habitude, son retour se développe entre la mi-avril et la mi-mai (1, 12, 16, 17).

Migration d’automne : elle peut s’amorcer dès les premiers jours d’août et s’achever fin octobre (mi-novembre pour quelques isolés), les plus gros passages se déroulant fin août et en septembre (1, 16, 17).

Hivernage : nul dans l’Euregio (21).


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